La Belgique pourrait sembler un endroit peu propice à l'implantation de tarifs énergétiques dynamiques. C'est un petit pays densément peuplé, doté d'un système énergétique historiquement centralisé et axé sur l'énergie nucléaire. Mais grâce à une combinaison d'investissements dans les infrastructures, d'évolutions réglementaires et d'un mix de production en mutation, la Belgique est en réalité l'un des marchés les plus propices d'Europe pour le type de tarification en temps réel proposé par 10s Energy.
Déploiement des compteurs intelligents
Le compteur numérique — terme utilisé en Belgique pour désigner le compteur intelligent — constitue l'infrastructure indispensable qui permet la mise en place de tarifs dynamiques pour les clients particuliers. Sans données de consommation relevées toutes les 15 minutes, il est impossible de facturer les clients avec précision en fonction des prix spot horaires.
En Flandre, le déploiement des compteurs numériques se poursuit à un rythme soutenu, les nouveaux raccordements et le remplacement des compteurs permettant d'étendre progressivement la couverture. L'Autorité flamande de régulation de l'énergie (VREG) encourage les innovations tarifaires qui exploitent les données des compteurs intelligents, et le cadre réglementaire applicable aux tarifs dynamiques a évolué en conséquence. La Wallonie et Bruxelles suivent leurs propres trajectoires, qui sont toutefois globalement alignées.
Une composition générationnelle en pleine évolution
La composition du parc de production belge évolue d'une manière qui accroît la volatilité des prix — et, par conséquent, les opportunités pour les clients bénéficiant de tarifs dynamiques. La sortie progressive prévue du nucléaire, suivie d'une extension partielle de la capacité nucléaire, a introduit davantage d'incertitude dans la chaîne d'approvisionnement. La croissance du solaire (la Belgique affiche l'un des taux de pénétration du solaire par habitant les plus élevés d'Europe) et l'augmentation de la capacité éolienne en mer du Nord entraînent régulièrement des périodes de prix très bas, voire négatifs.
C'est précisément cette volatilité que recherche un client bénéficiant d'un tarif dynamique. Elle crée l'écart entre les périodes bon marché et les périodes coûteuses qui rend le report de la charge financièrement intéressant.
L'interconnexion et le marché européen
Le réseau belge est étroitement interconnecté avec ceux de la France, des Pays-Bas, de l'Allemagne, du Luxembourg et du Royaume-Uni (via l'interconnexion Nemo Link). Cela signifie que les prix belges sont fortement influencés par — et, d'une certaine manière, stabilisés par — les conditions prévalant sur un marché beaucoup plus vaste. Les vents violents en mer du Nord ont un effet positif sur les prix belges. La forte production nucléaire française se répercute sur les prix spot belges.
L'interconnexion permet généralement d'atténuer les pics de prix extrêmes, ce qui est avantageux pour les clients bénéficiant de tarifs dynamiques du point de vue des risques, tout en préservant les variations quotidiennes significatives des prix qui confèrent toute sa valeur à la flexibilité de la demande.
Orientation réglementaire
La réforme du marché de l'électricité de l'UE, actuellement en cours d'examen au sein des institutions européennes, encourage explicitement les offres tarifaires dynamiques et la flexibilité du côté de la demande. Les régulateurs belges — la CREG au niveau fédéral, et la VREG, la CWaPE et Brugel au niveau régional — s'inscrivent globalement dans cette orientation. Le cadre réglementaire applicable aux tarifs dynamiques n'est pas parfait, mais il s'améliore, et l'orientation politique est claire.
Pour les clients qui envisagent de se tourner vers l'énergie dynamique : les infrastructures sont de plus en plus en place, le cadre réglementaire évolue de manière favorable et les conditions du marché sont de plus en plus propices. C'est le moment idéal.

